Gravity : 90 minutes de claque visuelle

Sur Gravity, tout a été dit. La presse, les blogs et les réseaux sociaux se sont emparés du phénomène. Décrypté, analysé métaphoriquement, philosophiquement, scientifiquement, le film est passé sous la loupe de tous les experts. Certains y voient un simple film d’action, d’autres un chef d’oeuvre. Pour moi, ce film est avant tout une claque. Je l’ai vu deux fois et à chaque fois, je suis restée scotchée sur mon fauteuil pendant 90 minutes. Scotchée par la beauté des images. Scotchée par la force sonore de la bande originale. Scotchée par cette solitude si pesante.

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Pas d’explosion, pas de bruit assourdissant, pas de feu sans oxygène. Avec ce film, ne t’attends pas à voir Armageddon bis. Ici, le silence, le vide, l’écrasement, la vitesse, l’absence de contrôle et la solitude règnent. Et tu peux faire confiance à la 3D : elle t’en met plein la vue. Alfonso Cuarón te propulse de ton siège de cinéma à l’intérieur de la combinaison de Sandra Bullock. Tu dérives autour de la Terre. Tu perds les quatre points cardinaux. Tu ressens cette détresse qui t’en noue les tripes. Tu t’accroches à ton fauteuil quand les débris percutent tout ce qui est sur leur passage. Tu crois être toi aussi en manque d’oxygène. Tu comprends ce que signifie le mot « incontrôlable ».

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Ces scènes de catastrophe sont éblouissantes. Et je pèse mes mots. L’apocalypse se déroule dans un décor somptueux. La Terre est si belle, entre levers de soleil, aurores boréales et les villes qui s’éveillent. Là haut, tout est plongé dans un silence de plomb, y compris lorsque le pire arrive. Seule la musique poétisante de Steven Price t’en met plein les oreilles.

Ce film m’a tant touchée que je n’arrive pas encore à réellement m’exprimer sur le sujet. J’ai lu un très bon article sur Rue89 qui explique que Gravity est bien plus qu’un film d’action dans l’espace. Il s’agit d’une renaissance, une fable existentielle sur le lâcher prise, le deuil et le devenir. Certes, le film n’échappe pas à quelques codes du film catastrophe mais il est à mille lieux des nanars Hollywoodiens. Les symboles y sont nombreux. (Attention, les phrases en italique sont des spoilers). Le personnage de Sandra Bullock porte un nom masculin, Ryan. Elle est chétive et a perdu son enfant. Elle est forcée d’abandonner le personnage symbole de la masculinité.  Elle lutte dans ce vide, enlacée par des câbles, jetée de plein fouet contre du métal. Elle est filmée en position foetale. Elle retrouve le courage. Elle rejoint la planète mère et arrive dans l’eau. Elle se lève, conquérante. Femme forte encore chancelante, symbole de la féminité sacrée. Dans un milieu Hollywoodien largement dominé par les hommes, Gravity serait donc un film féministe.

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Sans vouloir faire de la philosophie, Gravity est surtout LE film à ne pas manquer au cinéma. Il serait tellement dommage de te contenter de regarder le film sur un ordinateur ou d’attendre la sortie DVD. La salle de cinéma donne vie à un choc basé sur une 3D à couper le souffle. Un conseil : ne passes pas à côté de cette claque visuelle !

Pour conclure, je ne résiste pas à l’envie de partager quelques unes des superbes photos de Peter Lindberg réalisées pour le numéro d’Octobre 2013 de Vogue US. Sandra Bullock y est magnifique.

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3 réponses à “Gravity : 90 minutes de claque visuelle

  1. Une sacrée expérience tu as raison. Pour autant, comme je l’explique en profondeur http://bit.ly/17BMjMQ j’ai été quelque peu déçu par l’absence de subtilité de ce Gravity qui déchaine les symboles de façon assez grossière. Le rapport à la maternité, la position fœtale, les cordes qui la retiennent, la renaissance, tout ça est surligné au véléda x1000 et on est loin de naviguer dans le métaphysique et la vraie philosophie. Ce film est une expérience, pour le reste : passez votre chemin. A mon sens en tout cas, belle écriture au passage.

    • Assez d’accord pour certaines ficelles scénaristiques qui sont grosses comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Pourtant quel film ! Le plan séquence prend toute sa dimension. C’est grand, c’est beau, ça en donne des frissons :)

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