Critique : Chronicle, l’adolescence 2.0 incarnée par des super héros

chronicle
Lorsque j’ai vu la bande annonce de ce film, j’avoue très sincèrement ne pas avoir été tentée du tout et pourtant, je suis assez friande des films sur les super héros. Puis, en parcourant les blogs des cinéphiles que je suis, j’ai été surprise de lire de nombreux avis positifs. Il n’en fallait pas moins pour que je me rende dans la salle de cinéma.
Autant le dire d’entrée : je n’ai pas été déçue et même assez surprise par le résultat. En bonne fan de Star Wars qui se respecte, je n’ai cessé de voir des points communs entre l’histoire d’Anakin Skywalker et celle d’Andrew. D’ailleurs, cette histoire du gentil garçon, timide et malheureux qui tombe dans le côté obscur a probablement beaucoup aidé à ce que j’apprécie ce film. Oui, ce genre de personnage déchiré me fascine toujours autant et je reconnais être plus intéressée par les Darth Vader en puissance plutôt que par les Peter Parker. Vous ne serez donc pas étonnés si je parle beaucoup du personnage d’Andrew. Attention, mon article spoile le film car je m’attache à la psychologie des personnages.
Chronicle suit donc les aventures d’Andrew. Ce jeune garçon est très solitaire, geek et abandonné par sa famille. Son père n’est plus qu’une épave alcoolique, détruit par les mésaventures de la vie et qui se défoule avec violence sur Andrew. Sa mère, qui aime énormément son fils, est en phase terminale d’un cancer et souffre atrocement, la famille n’ayant pas les moyens de lui prodiguer les soins nécessaires. Emotionnellement très fragile, Andrew n’a pas d’amis dans son lycée et passe son temps à être chahuté par les autres. Son propre cousin, Matt, s’est éloigné de lui, probablement parce qu’Andrew lui fait un peu honte. Pour s’occuper, Andrew achète une caméra et se met à filmer son quotidien et les gens de son entourage.
Un soir, Matt propose à Andrew de le rejoindre à une soirée. Ils y croisent Steve, l’étudiant populaire du lycée. Tous les trois sont alors exposés à un organisme non-identifié. Le résultat est qu’ils ont désormais des super pouvoirs. Andrew continue à filmer sans relâche tout ce qui leur arrive et on s’attache à ce trio d’adolescents. Matt est le mec cool, romantique, mignon et assez intellectuel. Steve est l’extraverti de la bande, le beau gosse qui fait craquer toutes les filles. Les trois personnages ont des personnalités très différentes mais une forte amitié nait entre eux, unis par leurs super pouvoirs et surtout, par leur quête obsessionnelle de la popularité éphémère offerte par le web 2.0. Chronicle est donc, par certains aspects, une satire de l’adolescence de notre monde multiconnecté grâce à Facebook et Twitter. Andrew filme inlassablement leurs aventures, se coupant progressivement du monde et de ses amis, Matt et Steve. Lorsqu’il ose demander à son cousin « Do you like me ?« , ce dernier répond maladroitement. Quant à Steve, il se rapproche d’Andrew mais son naturel moqueur blesse le garçon solitaire. C’est le début de la fin. Andrew est consumé par sa peur, sa colère et ses démons intérieurs lui font perdre le contrôle et la raison.
Lorsque le monde semble enfin prêter attention à ce garçon en perte de repères, il est déjà trop tard. Son cousin Matt, qui a été le premier à comprendre qu’il était nécessaire d’établir des règles pour contrôler leurs super pouvoirs, ne pourra rien faire pour stopper l’auto destruction massive d’Andrew. Ce dernier reconnaît lui-même qu’il est déjà trop tard pour le sauver et qu’il n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout de ce déchainement de violence. Matt, désespéré, hurle alors à Andrew « Stop ! Don’t hurt them ! Stop, please ! Don’t make me do this ! » Comment ne pas penser au final de l’épisode 3 de Star Wars où Obi-Wan Kenobi ne peut que détruire son ami Anakin Skywalker pour stopper sa noirceur et sa haine ?
J’ai donc aimé ce que Chronicle a mis en avant, c’est-à-dire un univers à mille lieux de Marvel. Ici, le personnage principal ne comprend pas qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Au lieu de cela, il laisse exploser son mal-être adolescent dans un déchaînement de violence. La mise en scène n’a rien à voir avec l’ambiance des films de super héros classiques. On a l’impression de suivre un docu-fiction, ce qui est appuyé par le jeu très naturel des acteurs. Même les dialogues accentuent ce ressenti tant ils semblent spontanés.
Je terminerai mon article en disant que ce qui m’a peut-être le plus attristée, c’est de constater que ce n’est qu’à la fin du film, et face à une caméra, que Matt ose dire « I love you » à ce cousin qui se sentait si seul au monde…
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5 réponses à “Critique : Chronicle, l’adolescence 2.0 incarnée par des super héros

  1. Bon, j'avais pas cité trop de références directes dans ma critique pour éviter les spilers mais, indéniablement, je te rejoins sur le parallèle criant avec Star Wars. Andrew est un pendant évident de Anakin Skywalker tandis que Matt, lui, rappelle de loin en loin son ami et mentor: Obi-Wan (l'affrontement final évoque effectivement La Revanche des Siths). Dés lors, c'est précisément ce qu'il y a de plaisant là-dedans: un teen-movie aussi sombre et fouillé, et aussi proche de la mythologie initiée par Star Wars, ça me parle, vachement. Donc oui, bonne surprise que cet OFNI, qui interpelle, déconcerte même au premier visionnage, et fait remonter plein de souvenirs ciné après coup.

  2. Très bon film, surprenant par la qualité de sa dernière partie, où les personnages se déchaînent! J'ai déjà hâte de le revoir en Blu-Ray! Seule petite réserve: le premier quart avec l'exposition de personnages un peu caricaturaux, même si l'intérêt est de se servir de ces traits de caractères pour le reste de l'histoire.

  3. J'ai aussi vu beaucoup de similitudes avec Star Wars et j'ai aimé l'histoire d'Andrew. Ce genre de films change radicalement de ce qu'on a l'habitude de voir chez Marvel et DC Comics.

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