Millenium, les hommes qui n’aimaient pas les femmes : version Fincher

Millenium, les hommes qui n'aimaient pas les femmes : version Fincher
Il y a encore quelques années, David Fincher n’avaient pas vraiment de succès auprès des studios hollywoodiens et de la critique, et cela malgré les films Se7en, The Game et Fight Club. Suite à ce dernier film, David Fincher disparait même des écrans, la faute à plusieurs projets avortés. Il lui faut attendre 2007 pour effectuer son retour avec Zodiac. Depuis, il y a eu L’étrange histoire de Benjamin Button et The Social Network. Aujourd’hui, David Fincher fait partie des réalisateurs les plus demandés et est l’un des invités récurrents des Oscars.
Avec Millenium, Fincher revient à ses premiers amours : le thriller froid où l’angoisse règne en maître,  le tout avec des personnages dérangés et malsains. Lorsque j’avais appris que David Fincher avait été choisi par Sony pour porter à l’écran la version américaine du premier livre, j’avais été emballée car l’univers Fincher me paraissait parfaitement en adéquation avec l’atmosphère de Millenium. Il était presque évident que la saga devait être réalisée par Fincher. En effet, cela fonctionne à merveille et certaines scènes du film sont vraiment choquantes tant elles sont malsaines et psychologiquement très difficiles à regarder.
Le génie de Fincher est d’arriver à nous tenir en haleine alors que nous connaissons presque tous l’intrigue, les romans ayant été lus et relus et surtout, les suédois ayant déjà adapté les livres au cinéma. Tout le secret de Fincher réside dans l’ambiance. Heureusement, la production américaine a fait l’effort de se déplacer réellement en Suède. Certes, tourner avec la neige et des températures polaires n’a pas été aisé tous les jours mais cela a permis à Fincher de dégager un style visuel très particulier qu’il a lui même baptisé « Swedish noir ». Pendant tout le film, la mise en scène donne l’impression d’être prisonnier du givre et du froid du nord de la Suède. Les paysages sont durs et vraiment glaçants et cette sensation est bien plus forte dans cette version américaine que dans celle réalisée par le danois Niels Arden Oplev. Que cela soit à Stockholm, dans les couloirs du métro, dans les locaux de la rédaction de Millenium, ou dans le nord du pays, le graphisme et la photographie sont parfaits et réussissent à eux seuls à transmettre une dimension dramatique.
La musique tient aussi un rôle prépondérant. Fincher a refait appel au talentueux Trent Reznor (avec qui il avait déjà travaillé sur The Social Network) qui a réalisé une bande originale angoissante et hypnotisante. Au final, je suis restée scotchée sur mon siège pendant les 2h30 du film et j’ai trouvé que cette version américaine était mieux maîtrisée que la suédoise.
Le générique du début donne à lui seul le ton du film (visible ICI). Ambiance cyber-punk au rendez-vous, ce générique est une plongée dans l’esprit de Lisbeth Salander avec du Led Zeppelin en fond sonore. Le film démarre fort, très fort tant la personnalité décapante de Lisbeth a été cernée par ce générique. Si Noomi Rapace avait réussi à incarner avec beaucoup de justesse cette punk hackeuse, Rooney Mara fait oublier cette prestation dès sa première apparition. Son jeu n’est pas meilleur, il est simplement différent mais tout aussi bon. Tout comme Noomi Rapace, Rooney Mara incarne une Lisbeth dangereuse, renfermée sur elle-même et asociale. Elle y ajoute en plus une pointe de faiblesse et de fragilité, ce qui fait toute la force de son jeu. J’ai également trouvé que son duo avec le journaliste Mikael Blomkvist (Daniel Craig) fonctionne bien mieux que dans la version suédoise. Grâce à cette touche de fragilité apportée par Rooney Mara, on ressent plus les sentiments de Lisbeth envers Mikael. Daniel Craig est lui aussi très juste même s’il n’est pas facile pour lui de s’imposer face au personnage haut en couleurs de Lisbeth. Toutefois, grâce à son charisme, sa présence et son alchimie avec Rooney Mara, Daniel Craig tient ici l’un de ses plus beaux rôles.
Pour conclure, il faut voir cette version américaine de Millenium. Pour Fincher, pour Rooney Mara qui n’a pas volé sa nomination aux Oscars, pour Daniel Craig, pour le magnifique générique, pour la bande son et pour tout le reste du casting. Moi, j’ai été emballée !
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4 réponses à “Millenium, les hommes qui n’aimaient pas les femmes : version Fincher

  1. C'est vrai que ce sentiment de vu et revu peut être lassant mais la mise en scène de Fincher m'a captivée en ce qui me concerne :)

  2. J'avais prévu d'aller le voir à sa sortie (moi qui suis une grande fan de Fincher et qui avait adoré les romans), mais par manque de temps (ok excuse lamentable ^^) je n'ai toujours pas eu l'occasion de le voir. J'ai entendu pas mal d'avis différents et malheureusement souvent négatifs :( mais je suis contente de voir enfin quelque chose d'assez positif sur le film. Du coup je me dis qu'il faudrait quand même que je me décide enfin à aller le voir.

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